Il existe, dans ce coin d'Italie, un luxe qui ne coûte rien : l'eau chaude qui jaillit de la terre. Si vous cherchez des thermes gratuits près de Rome, la réponse se trouve dans la campagne aux portes de Viterbe, à une heure et demie de la capitale : des bassins de travertin blanc alimentés par des sources qui surgissent à 58 degrés, libres et gratuits comme ils le sont depuis des siècles. Les pèlerins de la via Francigena s'y arrêtaient ; Dante lui-même les cite. Voici où ils se trouvent, comment ils fonctionnent et comment en profiter — racontés avec l'honnêteté de ceux qui habitent à une demi-heure.
Une ville bâtie sur l'eau chaude
Viterbe repose sur une terre volcanique qui bouillonne depuis toujours : Étrusques et Romains se soignaient déjà dans ces eaux sulfureuses, et au Moyen Âge les papes y firent construire leurs bains. Leur renommée était telle que Dante, dans l'Enfer, nomme le «Bulicame» en tenant pour acquis que ses lecteurs le connaissent. Aujourd'hui, cet héritage vit sous deux formes : les établissements payants, comme les Terme dei Papi, et les aires libres — le Bullicame, les Piscine Carletti, le Bagnaccio — où le bain ne se paie pas.
Le Bullicame, la source de Dante
Le Bullicame est la mère de toutes : une vasque turquoise qui fume en pleine campagne, à deux kilomètres et demi du centre de Viterbe. Depuis la source — clôturée, car l'eau jaillit à 58 degrés — l'eau court dans des rigoles jusqu'aux bassins où la température devient idéale pour un long bain. L'entrée est libre et gratuite, avec un parking juste devant ; l'aire est entretenue par des bénévoles et ferme en général vers le coucher du soleil : c'est donc un lieu à vivre à la lumière du jour. L'odeur de soufre est là — c'est la signature de ces eaux : après quelques minutes, on ne la remarque plus.
Les Piscine Carletti, toujours ouvertes
La photo ci-dessus, c'est exactement cela : les Piscine Carletti, un peu plus loin sur la route des thermes. Une dizaine de bassins creusés dans le travertin blanc, disposés en escalier : près de la bouche, l'eau est presque brûlante, puis elle refroidit de bassin en bassin jusqu'à ce que chacun trouve sa température. Ils sont gratuits et toujours ouverts, jour et nuit, toute l'année — c'est ici que les habitants de Viterbe viennent se baigner même en décembre, quand la vapeur monte dans l'air froid. Une chose doit être dite clairement : il n'y a aucun service, ni vestiaires ni toilettes, et le parking est libre mais non gardé. C'est la nature, pas un établissement thermal.
Le Bagnaccio, sur la via Francigena
La troisième aire historique est le Bagnaccio, quelques kilomètres plus loin, le long de la via Francigena : les pèlerins en route vers Rome s'y accordaient le seul bain chaud du voyage. C'est aujourd'hui la voie du milieu entre la vasque sauvage et l'établissement : un parc thermal simple, entretenu par une association de bénévoles qui demande une contribution de quelques euros pour la journée (ou une carte annuelle) et garde en échange les bassins, les vestiaires en bois et l'aire de pique-nique en ordre.
Comment vivre un therme libre
Avec quelques règles non écrites qui valent de l'or. Sandales et serviette, car il n'y a rien d'autre ; une bouteille d'eau à boire, car l'eau chaude déshydrate plus vite que le soleil ; jamais de savon ni de mousse dans les bassins. Et le bon calendrier : en août, une eau à quarante degrés se mérite à l'aube ou au coucher du soleil — en journée le soleil tape et l'ombre est rare — tandis que d'octobre au printemps ces bassins donnent le meilleur d'eux-mêmes, la vapeur montant dans l'air frais. La dernière règle est la plus importante : ce sont des lieux simples et sans gardien, on les laisse comme on les a trouvés.
Si vous préférez les services : les Terme dei Papi
Si le bain sauvage n'est pas pour vous, la même eau vous attend avec tout le confort à quelques minutes de route : la piscine monumentale de deux mille mètres carrés, les vestiaires, le bain nocturne du samedi — prix et conseils dans notre guide des Terme dei Papi. Et pour le reste de la journée, il y a Viterbe et son quartier médiéval, à dix minutes des bassins.
Où dormir : une base à une demi-heure des bassins
Depuis Rome, aller-retour dans la journée, les thermes libres font une longue excursion ; depuis une base dans la région, ils deviennent un rituel à répéter — un bain à l'aube, un autre au coucher du soleil. La Villa Vacanze Valentina se trouve à Bassano in Teverina, à une demi-heure des aires thermales et à une heure de Rome (péage A1 d'Orte à 15 minutes) : l'endroit idéal pour glisser les bassins dans un itinéraire de trois jours en Tuscia. Au retour vous attendent la piscine du jardin et le silence de la campagne. Pour les couples, il y a la Casetta degli Innamorati — un bain chaud au coucher du soleil est l'étape parfaite d'un week-end romantique en Tuscia —, pour les familles les deux appartements de la villa. Et si vous cherchez une maison de vacances avec piscine près de Rome pour les essayer tous les trois, écrivez-nous.
En pratique — vérifié en juillet 2026
- Bullicame : entrée libre et gratuite, à ~2,5 km du centre de Viterbe, parking devant ; la source (58 °C) est clôturée, le bain se prend dans les bassins ; aire entretenue par des bénévoles, ferme en général vers le coucher du soleil.
- Piscine Carletti : gratuites et toujours ouvertes, une dizaine de bassins à température décroissante ; aucun service (ni vestiaires ni toilettes), parking libre non gardé.
- Bagnaccio : parc thermal géré par une association : contribution de quelques euros par jour ou carte annuelle ; vestiaires en bois et aire de pique-nique.
- Règles non écrites : sandales et serviette, eau à boire, pas de savon dans les bassins ; en août, préférez l'aube ou le coucher du soleil.
- Temps de route : depuis la villa 30–35 minutes ; depuis Rome environ une heure et demie.
Photo : Angelmanxego, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
Les bassins libres sont à leur meilleur pendant la saison froide, quand la vapeur monte dans l'air vif : si l'idée vous intrigue, voici notre guide de l'hiver en Tuscia.



