Il y a des lieux qui coupent le souffle avant même qu'on y entre. Civita di Bagnoregio est de ceux-là : un village médiéval perché sur un éperon de tuf qui s'effrite lentement dans la vallée des Calanchi, relié au monde par un seul pont piétonnier suspendu au-dessus du vide. On l'appelle « la ville qui meurt », et c'est précisément cette fragilité qui en a fait l'un des lieux les plus visités et photographiés d'Italie. Dans ce guide, vous trouverez tout pour organiser votre visite : billets mis à jour pour 2026, parkings, le pont, que voir à l'intérieur et les meilleurs moments de la journée.
Pourquoi « la ville qui meurt »
Civita a 2.500 ans d'histoire : fondée par les Étrusques, ses ruelles suivent encore le tracé étrusco-romain. Le problème, c'est le terrain sur lequel elle repose : une couche de tuf posée sur un lit d'argile que l'érosion ronge depuis des siècles. Éboulements et tremblements de terre ont englouti des quartiers entiers — des cinq portes d'origine, il n'en reste qu'une seule, la Porta Santa Maria — et les habitants se sont peu à peu installés dans la ville voisine de Bagnoregio. Aujourd'hui, une dizaine de personnes seulement vivent encore dans le village à l'année.
L'expression « ville qui meurt » est de l'écrivain Bonaventura Tecchi, né à Bagnoregio en 1896. Bien avant lui naquit ici un autre Bonaventura : saint Bonaventure, le grand théologien du XIIIe siècle qui, selon la tradition, fut guéri enfant par saint François dans la grotte qui porte aujourd'hui son nom, creusée sous le belvédère.
Le pont : l'entrée la plus spectaculaire d'Italie
On n'arrive à Civita qu'à pied, en traversant le pont piétonnier d'environ 260 mètres construit en 1965 à la place de l'ancienne route effondrée. La marche dure 10–15 minutes : la première partie est douce, le dernier tronçon grimpe franchement jusqu'à la Porta Santa Maria — c'est faisable avec une poussette, mais préparez-vous à pousser. À mesure que vous approchez, le village grandit devant vous, suspendu au-dessus des calanchi : c'est l'un des panoramas les plus photographiés du pays, prévoyez donc quelques arrêts obligés.
Que voir dans le village
- Piazza San Donato — le cœur de Civita, encore pavée de terre battue, entourée de maisons de tuf doré.
- Église San Donato — des origines au Ve siècle, reconstruite en 1511 : elle abrite une fresque de l'école du Pérugin et un crucifix en bois lié à la peste de 1499.
- Le belvédère sur les calanchi — le regard file sur la vallée lunaire de crêtes d'argile qui entoure le village.
- La grotte de saint Bonaventure — une ancienne tombe étrusque à chambre creusée dans le tuf.
- Le Museo Geologico e delle Frane (musée géologique et des éboulements) — dans le palais Alemanni, du XVIe siècle : petit mais très bien fait, il explique pourquoi Civita est si fragile (et si belle).
Le tour complet, sans se presser et pont compris, demande 2–3 heures ; avec le musée et un déjeuner, cela devient une demi-journée parfaite.
Informations utiles — vérifiées en juillet 2026
- Billet : 5 € par personne, à acheter en ligne sur civitadibagnoregio.cloud (ou via l'appli), aux billetteries sur place ou au point d'information du Piazzale Battaglini. Gratuit : enfants jusqu'à 6 ans, personnes handicapées à 100 % avec accompagnateur.
- Horaires : l'entrée est payante de 8:00 à 20:00.
- Parkings : à Bagnoregio — le Piazzale Battaglini (le principal, à ~1,5 km du pont, avec navette) ou le parking du Belvédère, plus proche du pont, pratique tôt le matin et en basse saison.
- Personnes à mobilité réduite : il existe un service de transport sur le pont, géré avec la Protection civile — renseignez-vous à la billetterie avant la visite.
- Chaussures confortables : dans le village, le sol est irrégulier, avec des passages en escaliers.
Comment y arriver
Depuis la Villa Vacanze Valentina, comptez environ 40–45 minutes de route panoramique le long de la Teverina, en passant par Castiglione in Teverina : le trajet est déjà un petit circuit des villages. Si vous arrivez par l'A1, sortez à Orvieto (18 km de Bagnoregio) ou à Attigliano ; depuis Rome, comptez environ 120 km. On laisse toujours la voiture à Bagnoregio : Civita n'est pas accessible en voiture.
Quand y aller (et quand éviter)
Le moment le plus magique est le coucher du soleil, quand la lumière rasante embrase le tuf et les calanchi. En automne et en hiver se produit la scène la plus incroyable de toutes : le brouillard remplit la vallée et Civita flotte au-dessus des nuages. À éviter, si possible : les week-ends de printemps et d'été aux heures les plus chaudes — le pont est sans ombre et la foule gâche la poésie. Préférez le début de matinée — et réservez une table pour le déjeuner : dans les ruelles, on mange la vraie cuisine de la Tuscia, des pici (pâtes fraîches locales) à la truffe aux bruschettas à l'huile d'olive locale, du sanglier aux planches de charcuterie et de fromages.
Où dormir pour visiter Civita
Si vous cherchez un point de chute dans la Tuscia, la Villa Vacanze Valentina, à Bassano in Teverina, est idéalement placée : Civita à 45 minutes, le Parc des Monstres de Bomarzo à 10, le lac de Bolsena à 40 — et le soir, retour à la piscine, dans le silence de la campagne. Pour les couples, il y a la Casetta degli Innamorati (le chalet des amoureux) : Civita au coucher du soleil et le jardin illuminé au retour, c'est un week-end romantique déjà tout écrit.
